Je vous refile ici quelques-unes de mes live pics préférées.
Rupert Orton // Jim Jones Revue @ Rock School Barbey ( 11 novembre 2010)###
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"Rock journalism is people who can't write interviewing people who can't talk for people who can't read." Frank Zappa
Rupert Orton // Jim Jones Revue @ Rock School Barbey ( 11 novembre 2010)


Sincerely,
Meg and Jack White
(communiqué reproduit partiellement : pour la version intégrale http://whitestripes.com/ )

Après des années loin des White Stripes, je me suis jeté sans explication sur le live sorti l’an dernier « Under Great White Northern Lights ». En plus du live à proprement parler, on trouvait un DVD d’un docu qui relatait la tournée complètement barrée du duo dans le grand nord canadien. Un concert dans une cabane en bois, une visite dans la maison de retraite des indiens… Tout semblait épuré, comme une ultime réconciliation, comme si les disques honnis n’avaient jamais existé. Et puis dans les 5 dernières minutes, il y avait ça :
http://www.youtube.com/watch?v=GiZ68ifob0g&feature=player_embedded
Un adieu officieux à l’oreille des fans avant de le faire ces derniers jours dans la presse. Plus un constat qu’un scoop puisque le groupe n'a rien produit depuis 2007. Les éloges funèbres dans les colonnes ont d’ailleurs été insipides. Je veux dire, citer à longueur d’article « Dead Weather », « the Raconteurs », « Seven Nation Army » !! C'est comme si vous pissiez sur la veuve à un enterrement.
Même la déclinaison de pochettes lançait un message. Des silhouettes creuses sur le décor, comme la persistance rétinienne de quelque chose qui n’est déjà plus là.



On a tous une histoire en commun avec les White Stripes. Le duo nous laissait une place vacante, on se sentait participer. Comme ces principes de composition qui suggèrent qu’il faut alléger une chanson, lui aménager des silences, histoire que l’oreille ne se fatigue pas, et indirectement laisser la place à l’imagination. Comme un bon livre. L’inverse d’un film de James Cameron.

C’est aussi un équilibre périlleux entre l’expression sauvage de Jack et le mutisme de Meg. La batteuse était insaisissable et ça a participé à l’intérêt pour le groupe. C’est sans doute Jack qui la décrivait le mieux dans ma chanson préférée des Stripes, Truth doesn’t Make a Noise :
You try to tell her what to do
and all she does is stare at you
her stare is louder than your voice
because truth doesn't make a noise
Les White Stripes ont suivi chez moi la même courbe que Queens of the Stone Age. J’ai pris le parti d’ignorer la discographie après Elephant, comme je l’avais fait avec QOTSA après Songs for the Deaf. La gangrène du groupe a été Seven Nation Army, le hit interdit comme l’avait été Smells Like Teen Spirit pour Nirvana. Pas forcément un changement sur le fond, simplement un changement de public, des gens attirés par un simple hit. Tu commences à te faire piétiner par des gamines de 14 ans aux concerts. Typiquement le truc qui aliène les fans. Et puis un morceau repris par Audioslave et Ben l’Oncle Soul … remixé pour faire chanter dans les stades comme avait pu l’être « I will survive » … ne peut pas être quelque chose de bénéfique. Jusqu’à présent, on parlait surtout du triton, « l’intervalle du diable », qui était honni par l’église et Tipper Gore. On pourra maintenant exclure chaque note qui fait partie de ce riff. Une certaine idée de la violence.
Quand je parle des White Stripes, il convient donc de préciser que je parle de la formule globale, et de l’avant Seven Nation Army. Un duo minimaliste, avec cette batterie très années 20 assumée, d’un atavisme enfantin qui refuse de progresser même en jouant tous les soirs. Plus qu’une technique ou un discours, ils se sont appropriés le côté organique des Blind Willie McTell, RL Burnside ou Robert Johnson. Ce côté « ma voix cramée et ma guimbarde direct dans le magnéto ». No bullshit. Les riffs d’AC/DC joué par un vieux bluesman aveugle sur une guitare cassée, le tout repris par les Stooges.

La question qu’ont du se poser les White Stripes par deux fois, c’est «comment évoluer quand on est dans une formule si simple ? » La première fois, ils ont essayé d’y répondre en faisant « Icky Thump », avec l’introduction de l’equalizer (cet effet qui fait sonner la guitare comme un gros synthé) et des touches hispanisantes. La seconde fois, ils ont splitté. C’est peut-être la formule qui est morte, plus que le groupe. Continuer ? Pour aller où ? Refaire le même album, encore et encore ? Rincer la même bonne vieille recette ? Quand tout est si épuré, tout mouvement peut s’apparenter à de la complexification et aliéner les trois-quarts du public. Arrêter pour ne pas diluer le message. Ca me paraît correct.

STRIPIPEDIA :
(NdR: Le contenu de cette partie n'est pas de moi, les infos ont été prises sur wikipedia, qui explique bien mieux que je ne l'aurais fait ce point précis)
Derrière le concept simpliste des couleurs se cache un vrai credo.
Les White Stripes jouent sur trois couleurs : le rouge, le noir et le blanc. Leurs pochettes de disques, leurs vêtements, leurs instruments sont tous de ces couleurs. La raison est simple, lorsque l'on naît, on ne peut percevoir toutes les couleurs. Le rouge est la première d'entre elles que l'on perçoit, mis à part le noir et le blanc. Jack White a également expliqué dans une interview que ces couleurs étaient les plus fortes, ayant le plus d'impact au niveau historique. Il cita comme exemple à ce titre le nazisme et le coca cola. Une autre origine du nom « White Stripes » proviendrait d'un bonbon que Meg et Jack auraient très bien connu durant leur enfance, aux rayures rouges et blanches. Enfin, bien sûr, ce trio de couleurs est en lui-même symbole de la simplicité et de la puissance du rock.
Le second album du groupe, intitulé De Stijl a été inspiré par le nom d'un mouvement néerlandais ayant pour principe une purification radicale de l'art, passant par un retour à des formes et à des couleurs basiques, ce qui définit parfaitement le style des White Stripes.



Pour fêter le déménagement de la page de mon groupe sur Bandcamp, j'ai posté une nouvelle chanson. On a enregistré ça pour la compil du fanzine PARANOIA, qui ne voulait que des reprises. Je ne dirai jamais à quel point j’aime la culture fanzine. J’écris dans Abus Dangereux, histoire d’allier le geste à la parole.
Vous pouvez charger le fanzine gratuitement ici: http://www.myspace.com/uncommonboyfrommars
Comme ERROR 404 est surtout un groupe de studio et qu’on n’arrive pas à trouver assez de temps pour enregistrer autant qu’il faudrait, c’était cool de devoir enregistrer une reprise. On n’aurait eu l'occasion de le faire sans un prétexte de ce genre.

Difficile pour moi de choisir autre chose qu'une chanson d'Ace vu que je suis fan depuis que je suis un kid. Il était dans Kiss à l’époque, mais les quatre membres du groupe avaient sorti un album solo le même jour en 1978. Celui d’Ace était de l’avis général le meilleur, et ça a du rendre dingues les deux chefs d'entreprises qui sont encore là-dehors aujourd’hui, à dénaturer le mythe originel à coup de ventes de t-shirts et de remplaçants inodores. J’ai promis que je ne parlerais plus du cirque entrevu au Hellfest… Ace Frehley a fait vendre des guitares. Il a pas mal de fans qui ont monté leurs propres groupes, comme Scott Ian d’Anthrax, feu-Dimebag Darrell de Pantera ou Rob Zombie. Les Nashville Pussy avaient fait une cover dézinguée de cette chanson sur l’album « Get Some ». J’avais parlé de Kiss avec Scott Reeder de Fu Manchu et Brant Bjork, lors de leurs interviews respectives. Bon, ça fait un peu « stupid kid » cette liste, mais des mecs comme Trent Reznor (Nine Inch Nails) ou Maynard James Keenan (Tool) sont des fans avérés.

Je balance mon top 8 des disques sortis en 2010. Hey, rien de prophétique là-dedans. Je suis tombé il y a peu sur un carnet où j’avais noté, entre autres monomanies teenager, les disques que j’avais préféré en 1994. C’était un gros bond en arrière et j’avais l’impression de débattre avec mon 18 y-o-self. J’écris donc ce top 8 à mon futur moi de 2026. Juste une borne égotiste dans le temps qui passe.
Ce qui est intéressant, au-delà de mes goûts personnels, c’est de constater que la musique alternative est relancée par le mainstream qui tourne en rond. La musique superficielle 2010 a été un plagiat usé de celle de 2009. Ca rappelle la fin des années 80, et c’est bon pour les vrais groupes qui en général naissent de ce genre de période apathique.

1 // Brant Bjork « Gods and Goddesses »
De l’éloge de la sobriété à travers un rock sec et aride comme son désert natal. Sur scène, minimalisme et altruisme à haut volume. Tous les éléments qui en font peut-être le dernier rempart de la scène originale du Desert Rock. Brant Bjork nous disait en interview qu’il préférerait toujours enregistrer 50 albums moyens que 5 chefs d’œuvre sur lesquels il aurait bossé des mois. C’est un des trucs qui m’a le plus marqué de l’année, comme sa philosophie de « less is more » en général. L’album est raccord. Sûrement la meilleure synthèse de ce qui fait la discographie du Dr Special, avec un bon dosage de tous ses éléments psyché-desert-heavy dans des chansons au format classique. Pas de quoi dire que Brant Bjork est un vendu, quand même, comprenez moi bien, mais de gros tubes comme « the Future rock (we got it ) » et « Somewhere some woman » et des idées simples. En creux, grâce à Brant, on voit que Josh Homme est bien parti en vrille.
2 // The Sword « Warp Riders » (Kemado)
Clairement l’album que j’ai le plus écouté cette année. J’avais honteusement découvert the Sword grâce à ma passion geek pour Guitar Hero. J’aimais bien, mais rien de fusionnel jusqu’à cet album. Il m’a même appris à mieux apprécier les autres disques. Qualité rare. Un hommage vivant aux années 70 mais avec un chant sec et minimaliste. La prod y fait beaucoup : c’est puissant et ça reste excitant à la 20e écoute.
3 // High on Fire « Snakes for the Divine » (E1 Records)
J’admire la créativité de cet album. Très addictif car très riche. Matt Pike, le guitariste de feu-Sleep à la voix de Lemmy, signe le meilleur album du groupe. Histoire de varier et parce qu’il en parle mieux que je ne l’aurais fait, je mets en copie la chronique qu’en avait fait mon pote Pierrot de l’Heretic.
HIGH ON FIRE «Snakes for the Divine»
Merci Seigneur. Merci pour ce cinquième album bien meilleur que son grand frère «Death is this communion». Merci pour l'apport du fantastique bassiste de ZEKE, Jeff Matz, qui apporte un groove du tonnerre. Merci à la nouvelle production meilleure que celle de Relapse qui rend plus la voix de Matt Pike plus grasse que celle de Lemmy mangeant du saindoux. Gloire à Toi de permettre une telle tribalité et une telle habileté musicale diabolique dans les compositions de «Snakes For The Divine», «Frost Hammer» (quel refrain, mes aïeux, quel refrain), «Bastard Samurai» et «Fire, Blood and Plague». Pardonne à ces malheureux d'avoir lorgné sur les riffs de MASTODON un court instant, ils en reviennent derechef, et Te rendent hommage avec «How Dark We Pray» au milieu de la poussière et de la désolation. Honneur Te soit rendu d'avoir autorisé un si mauvais goût de layout (un dessin hyper classe de gorgone enveloppée de serpents, le corps et le regard tournés vers une lumière plus que malsaine, excusez du peu). Je m'incline devant Ta mansuétude, Ô Toi le Grand Cornu.
(PMA)
4 // Karma to Burn « Appalachian Incantation » (Napalm Records)
En plus de trouver cet album incroyable, j’ai eu la chance de les voir et les interviewer à Périgueux le 5 novembre. Voilà ce que j’ai écrit dans le ‘live report’ pour Abus Dangereux.
Depuis le dernier album « Appalachian Incantation », le groupe s’est étoffé avec Daniel Davies, le chanteur/guitariste de Year Long Disaster. Un apport considérable qui semble séréniser tout le monde. On sent que Will Mecum notamment n’est pas mécontent qu’un mec soit content de solliciter l’attention sur scène. Sur disque, le groupe nomme ses morceaux comme d’autres des chambres d’hôtels (42 est le 2e morceau du 4e album). Sur scène, pas un mot. Le package pourrait sembler austère et pourtant on entre dans une communion enamourée à la première note. Un stoner puissant, accrocheur et qui provoque immédiatement une réaction épidermique. Plus qu’une claque, un bouton ‘reset’, comme si on se départissait du côté blasé et qu’on n’avait jamais vu de concert avant. Science du riff et efficacité optimale tout le long. Pas de longueur ou de fioriture. Du point A au point B. Une deuxième chance inespérée pour ce groupe crucial de deux mouvements jugés futiles, le stoner et l’instrumental. « Now » inscrit sur la batterie de Rob Oswald résume bien à la fois la meilleure façon de vivre ce concert, et la façon qu’a le groupe de l’appréhender lui-même. Le gang a choisi d’exorciser les vieux démons à même la scène. Comme un four qu’on aurait chargé de bois toute la journée cracherait des flammes incontrôlables dès qu’on ouvrirait la porte. C’est sûrement l’alchimie la plus improbable de la musique actuelle, avec la reformation de Take That. Une force centralisée incroyable, bien plus forte que l’ensemble de ses parties. En plus de ça, les nouveaux morceaux (« 41 » et « Waiting for the western world » notamment) empêchent de sombrer dans le passéisme du « c’était mieux avant ».
5 // Valient Thorr « Stranger » (Volcom Entertainment)
D’album en album, Valient Thorr s’affirme toujours plus comme le meilleur remplaçant de feu-Turbonegro. Ou comme des Ramones éduqués, c’est selon. « Stranger », le cinquième album, continue sur la voie du gros son entendu sur Immortalizer (2008). On retrouve aux manettes le producteur Jack Endino (Nirvana, Mudhoney, Zeke, High On Fire). Pour les gens assez vieux pour avoir vécu le grunge, l’association parait tomber sous le sens. De gros riffs rapides et percutants, une chiée d’événements à la seconde. On a un peu la même impression qu’à la lecture du Las Vegas Parano de Hunter S. Thompson. On est pris dès la première seconde dans un engrenage dont on ne maîtrise rien, et on ne réussit à s’en sortir qu’à la fin, sans être vraiment acteur de quoique ce soit. On est esquintés, encore fumants, mais on fait le tour et on repart au début. L’ensemble est faussement bas du front et se révèle très malin et ironico-nerd. C’est un peu « Freaks » filmé par les Stooges. Le lien entre Anthrax et Mudhoney quoi.

6 // Danzig « Deth Red Sabaoth » (Evilive records)
Aaaah, Glenn Danzig… j’en ai longuement parlé ici >> http://drinkboozethinkloose.blogspot.com/2010/09/danzig-deth-red-sabaoth.html, donc je ne vais pas en remettre une tartine. Ce que j’apprécie chez le gars, c’est le côté seul contre le monde entier. Intègre jusqu’à l’absurde. Jamais il n’a dévié de son objectif. La fois où il s’est le plus rapproché des spotlights, c’est quand il a écrit une chanson pour Johnny Cash. La classe selon un certain angle.
7 // 80s matchbox B-Line Disaster « Blood & Fire » (Black Records)
« Blood & Fire » est le testament d’un groupe qui n’a jamais triché. Une merveille de groupe marginal, très punk dans l’esprit. Très proche de la phrase de Neil Young « It's better to burn out than to fade away » jusqu’au bout puisque le groupe a splitté en fin d’année. Sans en faire des tonnes, ils l’ont juste fait. De « Hörse of the Dög » à « Blood & Fire » la groupe a gardé le cap : un peu post-punk, un peu psychobilly, un peu garage et donc inévitablement un peu Cramps. Forcément foutraque. Le tout joué avec l’urgence d’un éphémère qui ne verra jamais le matin. Le producteur Chris Goss avait étonnamment dit qu’il s’agissait du meilleur groupe avec lequel il avait travaillé (pour ceux qui ne connaissent pas Goss, et histoire de ne pas faire tout le boulot, je vous laisse le wikipédier). Le groupe avait en tout cas ce côté fédérateur à la Motörhead car ni les punks ni les métalleux ni les rockeurs ni les garageux ne pouvaient leur cracher dessus. Rest in Peace.

8 // Helmet « Seeing Eye Dog » (Work song inc.)
Ah le bon parfum des college radios US des années 90 ! Helmet revient avec le seul Page Hamilton aux commandes. « Seeing Eye Dog » est comparable à « Betty » sur la forme, avec ses plages contemplatives au milieu, et à « Aftertaste » sur le fonds. Gros son, production compacte et claustrophobe. Niveau chansons, « LA water », « Miserable » ou « Welcome to Algiers » tiennent l’album, quand « In person » évoque une réflexion paradoxale. Le métal alternatif, dont Helmet a été l’un des plus dignes représentants, a été exploité dans tous les sens par Dave Grohl qui l’a diffusé poliment dans les albums successifs de son groupe. Et … on a l’impression d’entendre les Foo Fighters sur ce morceau. Un tour de force dans l’inversion des données. Pour le reste, les assauts radicaux estampillés Helmet évitent la facilité. On peut toujours débattre du fait que c’était mieux avec Bogdan et Stanier. Hamilton a inventé un style, une équation inoxydable. C’est le McCartney du hardcore. Une intégrité qui ne connaît aucune érosion. Culte comme s’il était mort, méconnu comme s’il n’était jamais né.
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Bonus // Gwar « Bloody Pit of Horror » (Metal Blade Rds)
On est ok, cet album est mauvais. Mais voir que Gwar est encore en vie en 2010, ça force le respect. Comment peut-on concrètement amener un groupe avec des gros masques en latex d’aliens à travers trois décennies ? Beavis and Butthead seraient vraiment fiers s’ils étaient encore en vie.
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Albums qui n’ont pas fait le cut par pure modération : the Melvins « the Bride Screamed Murder », Fu Manchu « California Crossing démos », the Black Angels « Phosphene Dreams », Year Long Disaster « Black Magic : All Mysteries Revealed », the Black Keys « Brothers », Grinderman « Grinderman 2 », Electric Wizard « Black Masses », the Fall « Your Future Our Clutter », Year of No Light "Ausserwelt"